Artiste numérique — Fondatrice Labo Studio
Ma pratique se situe à l'intersection de l'art numérique, de la 3D et de l'intelligence artificielle. Chaque série explore un territoire géographique ou conceptuel précis. Le temps y est une matière : ce qui fut, ce qui sombre, ce qui pourrait advenir.
La dystopie m'intéresse moins comme catastrophe que comme utopie possible — un espace où imaginer autrement. Dans ma phase créative finale, j'ouvre délibérément un dialogue avec l'IA. Non comme outil de substitution, mais comme interlocutrice invitée à prolonger l'œuvre, à la déborder, à poser ses propres questions.
Au fond des océans.
Là où l'homme ne met pas un pied,
Il y a pourtant les traces de son passage.
Le mettant en retrait, j'ose imaginer une nature tentant de se reconstruire.
C'est dans un monde sous-marin virtuel que j'explore les possibilités.
Cet espace onirique traduit par ses couleurs et ses formes la perpétuelle évolution des espèces et des espaces. Le temps.
J'offre une vision pleine d'espoir, l'espoir d'un renouveau dans lequel l'homme n'est pas au centre de l'attention.
C'est une dystopie poétique mêlant les techniques de la 3D et de l'IA, des technologies nouvelles qui me permettent de construire un monde inconnu.
C'est une vision du temps libérée du chaos. Chaque série vous transporte dans un espace géographique distinct, vous permettant de suivre son évolution à mon rythme.

Portée par la Station Culturelle, soutenue par le BRGM, le Parc naturel marin et le Conservatoire du littoral.
Quatre œuvres explorant la submersion des littoraux martiniquais à l'horizon de cinquante ans. La Nature y reprend sa place de propriétaire. Chaque site raconte une relation consumée à la nature, un futur où la mangrove, la mer et la montagne reprennent ce qui leur appartient. La Martinique compte 490 km de littoral — c'est de ce chiffre qu'est né le nom de la résidence.

La mangrove fourmille, invisible, au cœur du quartier Canal. Véritable cité nourricière, elle est aujourd'hui dégradée par la proximité d'un monde qui la déborde. L'œuvre imagine le quartier dans sa forme originelle en prenant en compte le passage par la société de consommation. C'est l'utopie d'une nature qui se relève après le passage de l'humain.

Aux Abymes on ressent cette pression. La Montagne Pelée, le Lahar et la profondeur abyssale — des éléments sous tension. Au centre, une chaise chute vers les abysses. Des glaçons restent figés dans des verres, attendant d'être servis. Là où l'on attendrait des fruits : un bouquet de téléphones. Mondialisation et perte du lien aux lieux. "Bo Kai Nou."

Paysage subaquatique d'une dystopie. Du bouchon de bouteille à la machine à laver, les déchets racontent une relation consumée à la nature. Plage fréquentée, elle suscite l'envie de nombreux curieux. Ces espaces, voués à être transformés, attendent une réponse.

Pour la première fois dans la série, la silhouette humaine revient au centre — dans une danse mouvementée avec les déchets. Les gestes, inspirés du Bèlè, évoquent la puissance des éléments. Cette plage peu commode a réussi, singulièrement, à se préserver de l'intrusion humaine grâce à la négligence humaine elle-même.
Clin d'œil à Césaire — parce qu'il faut savoir apprécier la poésie.
Deux séries nées du même geste créatif. Eaux de Boudin Moderne explore le corps, la naissance et la manipulation à travers une colorimétrie hybride, entre organique et cyberpunk. Ruines Numériques met en scène une ville fragmentée, partiellement submergée, entre ruine réelle et projection spéculative. Ces œuvres partagent la même interrogation : quelle place pour la jeunesse antillaise dans un territoire insulaire traversé par la mondialisation, les mutations urbaines et les crises climatiques ?



Entre matière organique et colorimétrie cyberpunk, une nouvelle vision du corps émerge. Un corps caribéen, mémoriel, traversé par les flux contradictoires du monde contemporain.
La palette, cramoisi profond, magenta électrique, noir charbon, n'est pas décorative. Elle est la langue de cette cartographie intime : couleurs de sang, de néon, de nuit tropicale.
Le corps 3D, sculpté, presque monochrome dans sa première vie, se complexifie d'œuvre en œuvre pour finalement se dissoudre dans le flot. Eaux de Boudin Moderne est une généalogie en trois temps. Naître. Porter. Disparaître dans le bruit. Et peut-être, recommencer.
Née en Martinique en 1996, Julie commence son parcours artistique à Lille en 2015, à la MANAA Maestris, avant de rejoindre l'École Supérieure d'Art de Tourcoing. C'est là qu'elle découvre l'art numérique et amorce un passage progressif vers la troisième dimension, qui vient enrichir et prolonger l'ensemble de sa pratique.
En 2019, elle présente Brain On lors de l'exposition PRIST Air fictions — une installation holographique interrogeant l'addiction et la conscience de soi. Contenu dans une structure d'acier de 1 × 1 mètre, le dispositif invite le spectateur à insérer sa tête dans l'œuvre, abolissant la frontière entre corps et image.
L'année suivante, Mean World Syndrome est présentée dans le cadre de l'exposition collective Co-existence ?. L'œuvre questionne notre rapport aux écrans et leurs effets sur les plus jeunes. Une projection sur tissu solidifié déforme la planéité de l'écran habituel — le volume devient métaphore de l'emprise du numérique sur nos perceptions.
En septembre 2023, elle prend part à la résidence artistique 490, portée par la Station culturelle et soutenue par le BRGM, le Parc naturel marin et le Conservatoire du littoral — une expérience au croisement de l'art, des sciences et des territoires.
C'est à cette période que l'intelligence artificielle s'impose comme un nouveau terrain d'expression, ouvrant des possibilités inédites de création visuelle. Portée par cet élan, Julie fonde Labo Studio — un studio de production visuelle spécialisé dans les contenus générés par IA, à destination de la publicité, du motion design et de l'art numérique. Dans la continuité, elle intègre ATV Martinique en tant que pilote IA, accompagnant la transformation des processus créatifs au sein de la chaîne.
Le 25 avril 2024, elle présente ses œuvres au studio Lumina à Fort-de-France, dans le cadre de l'exposition collective Tiens, voilà du boudin — un projet porté avec Nicolas Derné, Arthur Francietta, Richard Meril, Gladys Gambie, Ludgi Savon et Jordan Beal. Une invitation à retrouver la création sans contraintes, au plus près des sources.
Depuis novembre 2025, elle est établie à Dunkerque, où elle développe un nouveau projet artistique.
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